· Durée de la lecture : 4 minutes · 0 Commentaires
partager l'article
Des routes coupées, des maisons détruites, des glissements de terrain : l’ouragan Melissa a balayé la Jamaïque avec des rafales de plus de 300 km/h et a causé des destructions. Les vents persistants et les pluies diluviennes pendant des jours ont causé des coupures de courant et des dégâts au réseau d’eau potable dans tout le pays. Des familles ont perdu leur maison.
De nouveau reliée
Johan Beckford se souvient du moment où le monde s’est immobilisé. À peine le vent s’était-il calmé que la localité de Cave Mountain, située dans le Westmoreland, était complètement coupée du monde extérieur. Non seulement physiquement, mais aussi numériquement. Plus de courant. Plus de réception. Plus de possibilité de joindre les enfants vivant à des kilomètres. Dans l’obscurité qui a suivi, le silence radio a rajouté au désespoir. Pour Johan, ce silence a duré deux semaines complètes.
Sa tante en Angleterre tentait aussi régulièrement de joindre Johan, elle voyait des images effrayantes aux nouvelles, mais ne parvenait à atteindre personne. « Lorsque j’ai enfin pu appeler ma tante, elle m’a dit : ‘Dieu soit loué, tu vis.’ » Mais il avait fallu 14 jours avant que cet appel puisse être passé.
La communication est devenue une denrée rare les jours qui ont suivi le cyclone. Certains accès à Internet en état de fonctionnement n’étaient disponibles qu’au prix fort. L’utilisation de ces accès, ne fût-ce que pour quelques minutes, était inabordable pour des familles dont la priorité était de se procurer de la nourriture et de l’eau potable.
Le tournant a eu lieu lorsque l’Armée du Salut a installé un accès gratuit à Internet, qui fonctionnait indépendamment des infrastructures détruites. « Le seul accès à Internet dont nous disposions était le WLAN de l’Armée du Salut. Chaque matin, le responsable de l’Armée du Salut locale plaçait l’installation au soleil pour qu’elle puisse se recharger. La nuit, le bâtiment de l’Armée du Salut se remplissait d’enfants, de parents, d’habitantes et d’habitants âgés, qui tous essayaient de joindre leurs proches. Ils ont tous pu l’utiliser, l’Armée du Salut l’a mis gratuitement à disposition. »
Rien n’était plus important pour Johan que ce moment où elle a enfin entendu la voix qu’elle avait tant attendue : « Quand ma communication a finalement passé, ma fille cadette s’est écriée : ‘Maman, je suis si heureuse d’avoir de tes nouvelles ! Sais-tu depuis combien de temps j’essaie de te joindre ?’ »
Sur l’ensemble du territoire de la Jamaïque, en collaboration avec l’organisation Red Lightning, l’Armée du Salut a fourni un accès à Internet et mis à disposition des panneaux solaires, des génératrices et des batteries, afin d’installer des centres de communication dans six communes particulièrement touchées.
Le parcours quotidien pour accéder à l’eau
Des mois après la tempête, la dévastation marque encore le quotidien de Cave Mountain. L’approvisionnement en courant n’est toujours pas rétabli, de telle sorte que l’ensemble de la commune dépend de génératrices et de lampes solaires pour son éclairage. De nombreuses familles vivent toujours sous des bâches de tente plutôt que sous des toits, et, bien que l’eau coule à nouveau dans les canalisations, elle continue d’être impropre à la consommation. Une nouvelle réalité qui marque la vie d’Ashoya, une fillette de dix ans.
Équipée d’un grand récipient dans son sac à dos, elle se rend vers le bâtiment de l’Armée du Salut. « Là-bas, il y a de l’eau potable. C’est l’essentiel », dit-elle.
Dans l’ouest de la Jamaïque, l’ouragan Melissa a fortement détérioré l’approvisionnement en eau et créé des conditions dangereuses. L’eau polluée a favorisé la diffusion de maladies. Les inondations se sont mélangées aux déchets et aux excréments d’animaux et ont souillé l’eau en de nombreux endroits. Pour les familles qui dépendaient des fleuves ou des canalisations désormais abîmées, cela signifiait un danger sanitaire persistant.
Cela a placé des familles devant un dilemme : elles devaient soit acheter de l’eau en bouteilles à prix d’or, soit courir le risque d’utiliser de l’eau contaminée provenant de sources naturelles.
En décembre, six semaines après la tempête, l’Armée du Salut a installé une citerne à eau. Le point d’eau de l’Armée du Salut est devenu une source vitale. Pour beaucoup, en particulier pour les enfants comme Ashoya, l’eau potable traitée est indispensable. « Je vais chercher de l’eau pour nous laver, faire la vaisselle et boire. Je fais cela presque tous les jours, parce que nous avons vraiment besoin de l’eau. »
Faire un don
Le « Développement international » de la Fondation Armée du Salut Suisse met en place des projets pour soutenir ceux qui en ont besoin. En apportant notre aide sur place, nous voulons permettre à des personnes pauvres de vivre dans la dignité et leur offrir de l’espérance. Nous visons une aide globale pour que ces personnes puissent devenir autonomes.
Continuer à lire
Lisez ici d’autres articles sur le thème de la coopération au développement de l’Armée du Salut.
Stefan Häderli
partager l'article
This site is protected by reCAPTCHA and the Google Privacy Policy and Terms of Service apply.