Sandra-Peter-Blog-Aarau
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Chaque jeudi, Sandra cuisine pour 30 personnes dans le besoin à l'Armée du Salut à Aarau.

Sandra Iff porte des chaussures de sport blanches, des jeans à la coupe jeune et un tablier de cuisine jaune. Lukas Wittwer, officier de l’Armée du Salut, guigne pardessus son épaule pour voir ce qu’elle cuisine au Centre de rencontres « Archeträff » de l’Armée du Salut à Aarau. Sandra souligne ses mots par des gestes pendant qu’elle nous parle de sa vie. Agée de 56 ans, elle est mère de trois enfants aujourd’hui adultes et grand-mère. Sandra voit le fait qu’elle soit devenue mère jeune comme une bénédiction. Elle a été frappée par un coup du destin très tôt, ce qui l’a poussée dans une spirale négative.

Le côté sombre de la médaille

« Dans ma jeunesse, j’ai fait du sport de compétition et j’avais de grands objectifs », se souvient-elle. Ses problèmes de genoux ne l’arrêtaient pas, jusqu’à ce qu’elle doive être opérée d’urgence. Sandra avait alors 16 ans et faisait une formation de cuisinière. « Mon maître d’apprentissage m’a dit que je n’allais pas réussir si je manquais tout le temps. C’est comme cela que j’ai perdu ma place d’apprentissage à cette époque. » Le destin ne lui a pas laissé de répit. Peu d’années après, elle recevait le diagnostic de cancer de la peau. Sandra s’est enfoncée dans un gouffre profond. Elle abandonna ses rêves et s’abandonna elle-même. « Je ne veux rendre personne responsable de ma toxicomanie. Mais je me sentais souvent seule lorsque ma mère était au travail. Je traînais et je rencontrais des gens de la rue. Je cherchais de l’attention et j’ai sombré dans les drogues. » Puis Sandra est tombée enceinte.

Ramona l'a souvée

« C’est d’attendre un bébé qui m’a sauvée », souligne la femme de 56 ans. Sandra a surmonté sa dépendance à l’aide d’un programme de méthadone. Elle s’est mariée et s’est occupée de la petite Ramona. Elle a ensuite eu deux autres enfants. Aujourd’hui, cela fait 32 ans que Sandra n’a pas touché à la drogue. Elle est toujours en contact avec les gens de la rue. « Je les écoute me raconter leurs soucis et je les encourage », explique Sandra.

 

« Chacun et chacune peut prendre un nouveau départ. C'est ce que je veux transmettre aux personnes de la rue. »

Sandra Peter

Quelques-uns la voient comme un modèle, car elle a réussi à se sortir de la drogue. A la gare, les jeunes l’appellent « la mamie de la gare ». « Les jeunes trouvent les drogues cool et essaient quelque chose ici et là. Beaucoup ne peuvent pas parler de leurs problèmes », explique Sandra. Elle est là et les écoute. C’est important pour elle de montrer aux jeunes ce qui se passe lorsqu’on tombe dans l’addiction.

Sandra-Peter-Lukas-Wittwer-Aarau
Sandra-Peter-Lukas-Wittwer-Aarau

Sandra apprécie l’aide de l’officier de l’Armée du Salut. Par exemple, pour l’accompagner lors des démarches administratives.

« La musique te fera du bien »

Sandra connaît beaucoup d’histoires de gens de la rue. Pour presque tous, elle sait où le bât blesse. En comparaison, ses propres problèmes paraissent moindres à ses interlocuteurs. « Lorsque j’ai rencontré Sandra, elle n’allait vraiment pas bien », raconte l’officier de l’Armée du Salut, Lukas Wittwer, qui était alors responsable de la paroisse à Aarau. « C’était il y a trois ans », ajoute Sandra. Elle craignait que le cancer soit revenu. Plusieurs fois par semaine, elle perdait connaissance et ne pouvait plus se souvenir de rien après. « J’avais l’impression de ne servir à rien. Parfois, ma fille me trouvait dans n’importe quel coin de l’appartement. » L’Armée du Salut l’a recueillie dans cette période difficile. À la gare d’Aarau, Marcel Bürgi, alors travailleur de rue de l’Armée du Salut, lui a glissé un de ses CDs dans la main. « Il m’a dit que la musique me ferait du bien. » Les chansons de l’éducateur de rue parlaient de la vie, de l’espoir et de Dieu.

Les paroles ont été droit au cœur de Sandra. Marcel Bürgi a décelé sa passion pour la musique. Il a amené Sandra avec lui à l’« Arche », dans les locaux de l’Armée du Salut à Aarau. « A la cave, il y a un studio d’enregistrement. Nous y répétons avec le groupe de l’Arche », poursuit Sandra avec fierté. « Le groupe est composé de membres de la paroisse de l’Armée du Salut et de personnes de la rue. Dans le groupe, beaucoup de personnes retrouvent un esprit communautaire pour la première fois depuis longtemps », complète Lukas Wittwer.

Sandra-Peter-Mikrofon-Aarau
Sandra-Peter-Mikrofon-Aarau

Sandra a découvert le plaisir de chanter. Lors des cultes de l’Armée du Salut d’Aarau, elle chante les chansons du groupe de l’Arche.

La deuxième famille de Sandra

Sandra a aussi noué des contacts à l’Armée du Salut et a même trouvé un petit boulot. Chaque mardi, elle cuisine avec des bénévoles un souper pour 30 personnes de la rue. « L’Armée du Salut est un substitut pour moi », dit la mère sans emploi. Son plus grand souhait serait de travailler. Sans tâche, elle n’a aucune perspective. Ses évanouissements ne lui permettent pas de travailler régulièrement. Par bonheur, le cancer n’est pas revenu. Toutefois, une maladie cardiaque héréditaire a été diagnostiquée chez Sandra. Depuis son divorce, elle dépend de l’aide sociale. « J’aide Sandra à répartir son budget correctement et je l’accompagne dans ses démarches administratives », explique l’officier Lukas Wittwer, qui se réjouit de voir Sandra s’épanouir lorsqu’elle cuisine pour les sans-abri. « L’Armée du Salut est ma deuxième famille », dit Sandra les larmes aux yeux.

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Une Arche pour la communauté

Chaque jeudi, l’Armée du Salut d’Aarau ouvre ses portes pour la rencontre de l’Arche. Ici, les personnes peuvent manger quelque chose de chaud, jouer et entretenir des contacts. Ce lieu de rencontre offre l’occasion de trouver du calme dans un endroit libre de stress, ou simplement de discuter de choses et d’autres. C’est là qu’un groupe musical est né, qui joue régulièrement des morceaux de musique de tout genre et qui se produit pendant les cultes.

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