Bruno Headerbild
Bruno Headerbild

Bruno da Silva vit dans la favela et se consacre entièrement à la favela

Recife, au Brésil. À l’ouest, à la périphérie du quartier de Torre, caché derrière les immeubles modernes d’habitation et de bureau, il y a l’un des quartiers pauvres de la métropole. La favéla, portant le nom du quartier, se distingue visuellement des quartiers pauvres classiques du Brésil : pas un ensemble d’habitations en terrasses typiques, faites de briques rouges et de tôles ondulées, mais plutôt un agglomérat de maisonnettes menaçant de s’effondrer, situé au cœur de la mégalopole et longé au nord par le fleuve Capibaribe. Plusieurs milliers d’habitants touchés par la pauvreté et exclus de Recife ont élu domicile ici.

Vivre dans la favéla

La violence

Lorsque la ville s’est agrandie, les habitants et habitantes originels ont été chassés de leurs villages lacustres situés au bord du fleuve, pour faire place à des complexes d’habitations et de bureaux très chers. Ce faisant, les autorités n’ont tenu aucun compte des rivalités et ont mélangé des personnes de différents groupes lors du déplacement forcé. Ce qui fait que, des dizaines d’années plus tard, des conflits violents éclatent encore entre les habitantes et habitants de Torre.

La drogue

Les ruelles des favélas sont des cachettes et des lieux d’échange très prisés des bandes de trafiquants. Il est rare que la Police s’y aventure. Les affaires illégales, les disputes sanglantes ainsi que le trafic et la consommation de drogues y sont monnaie courante.

La criminalité

Torre n’est pas un lieu de naissance idéal pour une ascension sociale. Dans un environnement marqué par la pauvreté et l’exclusion sociale, il manque souvent les possibilités de réaliser ses souhaits et d’atteindre ses objectifs par ses propres moyens et de manière légale. Par désespoir, les gens recourent alors plus souvent à des moyens illicites. Comme dans de nombreuses favélas, la criminalité est aussi très élevée à Torre.

Des menaces de différents genres et l’absence de perspectives : ce n’est pas l’environnement idéal pour des personnes jeunes et facilement influençables. Au Brésil, l’enseignement a lieu le matin. Comme les parents travaillent toute la journée et que les structures d’accueil correspondantes manquent le plus souvent, les enfants et les jeunes sont souvent livrés à eux-mêmes jusque tard dans la nuit. Des proies faciles pour les bandes criminelles.

Bruno connait tout ça : « Enfant, j’étais souvent sans surveillance », explique-t-il, sans critiquer ses parents, et il poursuit : « J’avais un endroit sûr où me réfugier. »

L’Armée du Salut au cœur du danger

e centre communautaire « Centro Comuntário de Integração » de l’Armée du Salut est situé à la périphérie de Torre. Les enfants et les jeunes trouvent ici davantage qu’un lieu de séjour protégé : des activités extrascolaires favorisent leur développement émotionnel et ils sont accompagnés à travers leur scolarité et sur leur parcours professionnel dans un environnement propice à l’apprentissage.

  • Programme visant à renforcer les communautés et à créer des ressources pour les enfants, les jeunes et leurs familles Le programme soutient et améliore les compétences sociales des enfants et de leurs parents. Au moyen de conseils budgétaires et éducatifs ainsi que par d’autres programmes sociaux, l’Armée du Salut aide en outre les parents à déployer le potentiel de leurs enfants. On renforce par ailleurs les droits des enfants en collaboration avec les familles. L’objectif est de protéger les enfants ainsi que de les encourager et de les accompagner sur leur chemin pour qu’ils deviennent des membres à part entière de la société.

Développement international de la Fondation Armée du Salut Suisse contribue à porter le programme.

« Ici, je pouvais simplement vivre ma vie d’enfant. »

Bruno da Silva

C’est ici que Bruno a passé l’essentiel de son temps libre : « Le Centre m’a donné de la stabilité et un quotidien structuré. J’ai été encouragé, j’ai pu terminé ma scolarité et, pour quelques heures, j’étais à l’abri des dangers qui découlent de la vie dans la favela. Le Centre m’a transmis l’espoir, m’a montré des possibilités et a beaucoup contribué à ce que je ne glisse pas dans la criminalité. »

De bénéficiaire à aide

Après de nombreuses années durant lesquelles le Centre de l’Armée du Salut avait été un véritable refuge pour Bruno, il a eu l’occasion d’y travailler : « Quelle chance pour un jeune de ce quartier ! Sans hésiter, j’ai saisi l’occasion », raconte Bruno, le sourire aux lèvres.

Torre (35)
Torre (35)

Le Centre de l’Armée du Salut à Torre.

Torre (143)
Torre (143)

Une oasis de sécurité au cœur du danger...

Torre (118)
Torre (118)

… pour des souvenirs d’une enfance insouciante.

Torre (200)
Torre (200)

Bruno est dans son élément : donner des perspectives aux jeunes.

Il a déjà vu grandir beaucoup des jeunes dont il s’occupe au Centre. Aujourd’hui, il leur conseille de ne pas toucher aux drogues afin de ne pas glisser dans la criminalité. Il est leur modèle, leur ami, se tient à leurs côtés et leur donne des bons conseils. Il connait leurs peurs et leurs soucis. Ils étaient un jour les siens.

De la favéla aux bancs de l’université

À côté de son travail au Centre de l’Armée du Salut, Bruno s’efforce d’étendre ses connaissances. Il effectue une formation de travailleur social et fait des études en psychologie. Grâce à son emploi et à son revenu, il a pu obtenir une place d’étude à une université, ce qui ne va pas de soi pour un habitant d’un quartier pauvre.

Faites un don maintenant pour soutenir l’Armée du Salut au Brésil.

Malgré tous les obstacles rencontrés, Bruno a déjà accompli beaucoup de choses. Il a par exemple pu acheter la maison dans laquelle il a grandi et il est ainsi le seul propriétaire dans sa rue. Même si elle n’est pas très spacieuse, que ses murs sont fissurés et que la douche ne fonctionne pas, ça a toujours été un chez-soi accueillant, dans lequel Bruno a reçu beaucoup d’amour et de réconfort. Par moment, ils étaient onze personnes à se partager l’espace exigu. Sa mère est décédée en 2011, ce qui fait qu’aujourd’hui seul Bruno et son père vivent dans la maison.

Une vie pour la favéla

Pour Bruno, le quartier de Torre n’est plus dangereux en lui-même. Bruno est connu et respecté pour son engagement. Il n’a jamais été membre d’un gang ou n’a jamais été impliqué dans des conflits passés. De ce fait, il ne doit pas se faire de soucis pour sa sécurité.

Pourtant, et cela vaut pour tous les habitants et habitantes de Torre : il existe un risque d’être touché par des projectiles, qui ratent leur cible lors d’échanges de coups de feu et dont la trajectoire peut avoir une issue fatale. Lorsque l’on demande aux enfants des favélas du Brésil de quoi ils ont le plus peur, on obtient régulièrement la même réponse : « Balas perdidas » : des balles perdues.

Bruno s’empresse de prouver combien cette menace est réelle. Il dépose deux douilles sur la table : « Ce sont les restes d’une fusillade qui s’est déroulée avant-hier au coin de la rue. Je les ai trouvées dans la ruelle menant à ma maison. » Son sourire a disparu.

Même si la vie dans la favéla comporte de nombreux dangers, Bruno aime ce quartier. Il a grandi ici : « Tout dans ce quartier fait partie de moi et je suis une partie de ce quartier. Torre est mon chez-moi. » En affirmant cela, il retrouve le sourire.

Torre (284)
Torre (284)

Au cœur de la métropole de Recife, il y a la favéla de Torre.

Torre (280)
Torre (280)

Vue sur l’une des ruelles de Torre : afin de protéger les maisons des inondations régulières provoquées par le Capibaribe, les entrées sont surélevées.

Bruno_Torre (27)
Bruno_Torre (27)

Bruno devant sa maison.

Bruno und Vater
Bruno und Vater

Bruno, en compagnie de son père : une équipe inséparable.

À un moment donné, Bruno entend se mettre en quête d’un nouveau chez-soi pour lui et son père. Une maison avec moins de fissures, une douche en état de marche et plus de place pour les deux. Peut-être dans une autre rue, mais dans tous les cas, à Torre.

« Une vie dans la favéla peut avoir une issue heureuse. »

Bruno da Silva

Les expériences, les souvenirs et les émotions, les liens sociaux et même les odeurs, même celles des arbres et des canalisations, ont fait de lui l’homme qu’il est aujourd’hui : « C’est exactement cette vie qui me fait prendre conscience de pourquoi je me bats pour une vie meilleure avec plus de perspectives », explique Bruno avant de rajouter : « La favéla nous donne certes dans une large mesure l’orientation sociale, elle ne détermine pourtant pas notre caractère. Nous aussi pouvons être pris en considération. C’est ce que je veux transmettre aux enfants et aux jeunes dans nos cours et nos entretiens-conseils. Car moi aussi j’ai été pris en considération par mon entourage et les personnes du Centre. Ces deux éléments ont contribué de manière essentielle à mon évolution positive. »

En tant que personne extérieure, il est très dangereux de cheminer dans la favéla sans escorte. C’est ainsi que Bruno prend congé de ses hôtes après les avoir raccompagnés, par une poignée de main ferme, entre les immeubles d’habitation modernes. Une dernière fois, un sourire désarmant passe sur son visage. Puis il retourne dans la favéla.

Bruno Manuel Santana da Silva : un jeune homme charismatique qui, malgré des circonstances défavorables, regarde vers l’avenir avec espoir et saisit le peu d’opportunités qui se présentent à lui.

Montrer 0 Commentaires

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    This site is protected by reCAPTCHA and the Google Privacy Policy and Terms of Service apply.

Je souhaite aider

Développement international de l’Armée du Salut Suisse s’engage en mettant en œuvre des projets d’aide dans le monde entier pour des personnes dans le besoin.

Torre (153)
Torre (153)

Votre don

Plus de 300 000 personnes en bénéficient dans 12 pays et peuvent ainsi améliorer leurs conditions de vie. Nous visons une aide globale pour que ces personnes puissent devenir autonomes. Merci pour votre soutien !

retour au début